Je me sens solidaire de mes soeurs de par le monde qui sont ui sont chosifiées, marchandées, violées et violentées.

Une fière moitié de l’humanité

Sœur Rollande Roy est la déléguée des FCSCJ auprès de l’organisme Association des Religieuses pour la Promotion des Femmes.

J’ai accepté de m’engager à œuvrer à la cause des femmes parce que, en tant que femme, comment ne pas me sentir solidaire de mes sœurs de par le monde qui sont chosifiées, marchandées, violées et violentées? C’est une mission, un mandat que j’ai reçu. Je me sens supportée par les religieuses du comité d’animation de l’Estrie et par les nombreuses personnes de différentes communautés que je rencontre à l’assemblée générale annuelle. Les supérieures majeures, soit: La Conférence Religieuse du Québec (CRCQ) et du Canada (CRC) attachent aussi beaucoup d’importance à cette cause.

Pour la troisième année, je m’y engage avec cœur, c’est pour moi un devoir. Je rejoins mes sœurs FCSCJ par internet et par notre bulletin Entre nous. Je les informe d’actions posées par l’association, je les invite à participer aux réunions intercommunautaires diocésaines, à signer des pétitions et à se sentir solidaires des femmes abusées, par une prière incessante. Cette année, grâce à l’alliance de l’ARPF et de la Coalition nationale contre les publicités sexistes (CNCPS), nous nous sommes donné des éléments de formation dans le but de dénoncer certaines publicités sexistes.

C’est un domaine délicat, où il faut s’engager avec prudence, en collaboration avec d’autres pour être fortes de la force du groupe. C’est un milieu de travail où il faut toujours être en alerte, être courageuse et avoir beaucoup de ténacité parce que c’est un travail toujours à recommencer.

Nous avons à dépasser certains obstacles, tels que

la baisse de la foi et de la pratique religieuse
l’industrie de la traite des personnes n’a pas de cesse et s’exerce d’une façon subtile
les jeunes filles d’aujourd’hui ne connaissent pas la lutte menée par les femmes de chez nous depuis une cinquantaine années. Elles croient que l’insertion sociale des femmes dans tous les secteurs de la vie actuelle a toujours été ainsi. Le danger de la passivité les guette
le fait du vieillissement des religieuses au Québec : notre retrait des écoles ne facilite pas notre action éducative auprès des jeunes filles
Au Québec et au Canada, nous avons la chance d’avoir droit de parole et de bénéficier d’une certaine cote d’écoute auprès de nos gouvernements, grâce à notre expérience et à notre sagesse collective de religieuses impliquées dans de multiples domaines éducationnels et sociaux.

Le besoin de défendre la cause des femmes est inné en moi, j’ai toujours cru que la femme est l’égale de l’homme et que je n’ai rien à lui envier, si ce n’est d’avoir à combattre pour prendre ma place au soleil. Cependant, je ne veux pas faire la promotion des femmes sur le dos des hommes. Pour moi, travailler à la promotion de la femme, c’est œuvrer à la réalisation d’un monde meilleur, « à la louange de la gloire de Dieu » (Ep 1).

Rollande Roy, fcscj

Une fière moitié de l’humanité