Kateri Tekakwitha, inspire-nous, prie pour nous

Kateri vient d'être reconnue sainte par l'Église. C'est une grande joie pour l'Église et les autochtones du Québec. Nous avons souligné cet événement en recevant parmi nous à la Maison Centrale une Kateri qui nous a raconté sa vie. En voici le texte. Votre site web vous offre en prime quelques illustrations de la jeune sainte que vous pouvez facilement copier et insérer dans un courriel, un texte, etc.

Je m’appelle Tekakwitha. Je suis née en 1656. Je suis de la nation Mohawk. Mon père est un Iroquois, chef du clan de la Tortue. Il n’est pas chrétien. Il croit au Grand Esprit qui veille sur la terre, la lune, le soleil et qui prend soin de son peuple. Ma mère est une Algonquine chrétienne. Elle fut capturée par le clan de la Tortue. Grâce à son mariage avec mon père, elle fut acceptée par le clan et bien traitée.
Je me souviens que toute petite, ma mère me racontait des histoires de Jésus. Elle le faisait en cachette quand nous étions seules dans la grande maison. Elle me disait que Jésus est venu tout nous apprendre sur le Dieu Créateur. Il nous a aussi appris combien le Grand Esprit nous aime. Jésus nous demande de traiter tout ce qui vit avec bonté. Il a dit de ne pas s’inquiéter. Il prend toujours soin de nous.  
À l’âge de quatre ans, une terrible maladie, la petite vérole apportée par les hommes blancs, tue beaucoup de gens du village. Le mal entre aussi dans notre maison. Mon père, ma mère, mon petit frère et moi-même nous sommes très malades. Une amie de ma mère, Anastasie nous soigne. Tout notre corps est tacheté de rougeurs violettes, nous faisons beaucoup de fièvre et nous sommes très faibles. Un jour je me réveille. J’ai beaucoup de difficultés à voir. La lumière du soleil me donne grand mal aux yeux. Je pleure et je crie : « Maman ! Maman ! » Elle ne répond pas. Je cherche sa main… rien!  
Anastasie s’approche doucement, me caresse la joue et me dit : « Tékakwitha, tu sais, beaucoup de personnes ont attrapé la maladie et sont mortes. Ton père, ta mère et ton petit frère eux aussi ont été très malades. Ils sont morts eux aussi. Je lui demande : » Où sont-ils maintenant ? - Ils sont avec le Grand Esprit. - Ça veut dire que maman est avec Jésus ? - Oui certainement. - Anastasie, Jésus prendra soin d’elle, je suis certaine. - Oui, Tékakwitha, et il prendra soin de toi aussi.  
Revenue à la santé, je continue à vivre dans la grande maison. Anastasie me traite comme sa propre fille en souvenir de ma mère, son amie, captive comme elle. Je grandis. Je fais ma part dans les tâches quotidiennes. J’apprends à coudre, à peindre et à broder. Souvent je demande à Anastasie de me raconter des histoires de Jésus. Je prie Jésus et aussi le Grand Esprit dans mon cœur. Je n’ai pas peur. Maman m’a dit que Jésus serait toujours avec nous dans notre cœur. Je sais que c’est vrai. Il s’occupe de moi.  
Un jour arrivent des Robes noires au village. Ils établissent la Mission Saint-Pierre. Des gens de mon village commencent à les écouter. Ils se rendent à la petite chapelle construite avec des branches. Ils chantent et parlent du Grand Esprit et de Jésus qui vient le faire connaître. Ils parlent de la paix, de l’amour entre blancs et autochtones. Je me cache et j’écoute ce que disent les Robes noires. C’est beau ! Je me sens heureuse de connaître Jésus. Plusieurs personnes du clan sont baptisées au nom de Jésus. Moi aussi je voudrais bien être baptisée. Un jour, je faisais des travaux de couture dans la grande maison, j’ai trop mal aux yeux pour voir le soleil, j’entends des pas. Une robe noire, le père Jacques, vient me voir. Je lui parle de ma mère et je lui dis que j’aimerais bien être baptisée. Il promet de me préparer si je suis sincère. En 1676, le dimanche de Pâques, le Père Jacques Lamberville me reçoit comme nouveau membre de la communauté chrétienne et il me baptise. Je reçois le nom de Kateri ( Catherine ) J’ai vingt ans. Maintenant je m’appelle Kateri Tekakwitha.  
Je suis très heureuse de mieux connaître Jésus. Je désire vivre juste pour Lui. Maintenant dans la grande maison, on parle souvent de mariage, je ne veux pas me marier. Je veux appartenir seulement à Jésus. Tout le monde me dit que personne ne peut faire cela, je dois prendre un époux pour aider mon oncle qui s’occupe de moi depuis la mort de mon père. Mais mon désir de vivre seulement pour Jésus grandit de plus en plus. Plusieurs se moquent de moi. Ils m’appellent la chrétienne. Ils cherchent à me faire du mal. Ils rient de moi, me lancent des pierres. Ils ont peur que je renie mon peuple en étant chrétienne.  
Je pense de plus en plus à me sauver pour me rendre dans la Mission St-François-Xavier près du St-Laurent. C’est là que ma mère a été baptisée. Un jour avec la collaboration du frère de ma mère et d’autres chrétiens du clan, je me sauve en pleine nuit. Dès le matin, mon oncle se met à ma recherche. Je n’ai pas peur, j’ai tout abandonné à Jésus. Poursuivis, nous nous cachons dans les bois. Un de mes gardiens fait semblant de chasser au bord de la forêt. Les chercheurs se retirent.  
Nous continuons notre route et après plusieurs jours de marche dans les bois, de canotage sur la Mohawk, sur le lac Champlain, sur la rivière Richelieu, nous arrivons à la Mission. Nous sommes bien accueillis par la communauté. À ma grande surprise, je reconnais Anastasie qui s’était aussi évadée pour pouvoir vivre chrétiennement sans se cacher.  
À Noël 1676, j’ai le bonheur de faire ma première communion. Je désirais ce moment depuis que j’avais appris que Jésus était présent dans le Pain de l’Eucharistie. J’étais libre. Je passais de longs moments à la chapelle devant le Saint Sacrement. Pendant mon travail, je priais avec les autres femmes. Souvent, je partais seule au bord de la rivière avec Jésus. Je faisais des croix avec des branches et des racines et je les plantais dans les champs, dans les arbres pour ne pas oublier sa présence.  
En 1679, j’ai 23 ans, je demande au missionnaire la permission de me donner toute entière à Jésus. Je fais le vœu de chasteté perpétuelle, le 25 mars en la fête de l’Annonciation.  
En 1680, ma santé se détériore. Je suis de plus en plus faible. La tuberculose ravage mon corps resté fragile depuis mon enfance. Le 17 avril 1680 c’est avec beaucoup de joie que je remets ma vie à Jésus.  
(UN AUTRE INTERVENANT) : Un quart d’heure après sa mort, son visage, marqué par la petite vérole, prend un aspect ravissant. Il ne reste aucune tache. Une lumière transfigure son visage. Des malades sont guéris en touchant à des objets qui lui avaient appartenu. Son corps est déposé au cimetière de la Mission. Beaucoup de personnes viennent le visiter. De nombreux miracles se produisent. Elle devient la petite sainte du peuple Mohawk.  
En 1943, le Pape Pie XII la déclare vénérable. En 1980, le Pape Jean-Paul II la béatifie. Nous célébrons sa mémoire le 17 avril.  
Aujourd’hui, le 21 octobre 2012, le Pape Benoît XVI la canonise. Nous pouvons maintenant l’appeler sainte Kateri Tekakwitha. Elle fait partie des Fondateurs de l’Église canadienne. Par sa foi, son courage, sa piété, son exemple elle a fait connaître le Christ en terre canadienne. Elle est la première autochtone d’Amérique du Nord inscrite au livre des saints de l’Église. Réjouissons-nous avec tous les autochtones du pays ! Kateri Tekakwitha veille sur nous.  

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