Des hommes et des dieux

La promotion de ce film nous parlait beaucoup de l’impact saisissant qu’il avait sur les spectateurs : une sorte de recueillement, un silence, une émotion profonde, bref, une expérience unique.

Pourquoi est-ce si nouveau de parler de la mort brutale de 7 hommes alors qu’à la prison de Bengasy, on en a tué 1200 sans que le massacre n’ait été porté à notre attention au moment où il a eu lieu? Pourquoi ce film suscite-t-il tant d’attention alors que tous les jours la brutalité de la mort perce nos écrans avec des images venues de la Tunisie, de l’Égypte ou de la Libye?

C’est, à mon avis, que ces hommes qui menaient une vie simple — tellement simple qu’on aurait pu les blâmer tant elle apparaissait peu productive — ces hommes ont vaincu la mort. Oui, ils ont plus que dépassé la peur de la mort, ils ont vaincu la mort et cela, c’est tout simplement sidérant.

Qu’on puisse présenter la vie à travers la mort avec un tel dépouillement m’a réconciliée avec ma vie de petits gestes, de peurs, et d’hésitations et de refus mais aussi avec cette présence de Dieu toujours là, toujours fidèle. Cette chance de communiquer avec Lui, d’être consciente de recevoir la vie de Lui, une vie que la mort ne peut ravir et surtout, surtout d’être accueillie de façon inconditionnelle en tout et avec bienveillance.

La vie des moines disait cela et, à la fin, alors que 2 échappent aux ravisseurs, 7 vont accepter la mort en solidarité avec un peuple qu’ils respectent. Il y a tant de lumière dans leur préparation et leur offrande d’amour qu’on se prend à espérer en une humanité lumineuse accessible à tous et toutes, quel que soit le chemin.

Lucille Lepitre, fcscj

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