Deux conférences du Père Gilles Mongeau, s.j. en préparation au chapitre provincial 2018, suite

...
Cela appelle au don de soi complet (cf. St Paul). Employer les moyens, les outils du temps (nouvelle pratique de la vie nouvelle). Jésus nous donne de garder cette double fidélité dans l’amour : au Père et au prochain. Vérifier si notre amour, au jour le jour, est centré sur l’Amour de Dieu et du prochain. La pratique des vœux, à laquelle nous voulons être fidèles, s’appuie de plus en plus sur des attitudes de liberté intérieure (pauvreté, chasteté, obéissance pour le Royaume) et de liberté dans mes relations avec les autres. J’essaie de me libérer de plus en plus de mon ego pour entrer dans cette liberté que m’offre Jésus.

Deuxième conférence : Comment obtenir la liberté intérieure?

Il est important de cultiver les valeurs, les attitudes qui font grandir en nous la liberté intérieure. Jésus nous donne un programme qui nous aide à conquérir cette liberté intérieure : les vertus exprimées dans les Béatitudes (Mathieu 5, 1-12).

Ces dernières se présentent comme un chemin que Jésus ouvre devant nous. Comme une toile d’araignée, elles s’ouvrent les unes sur les autres. Tout y est lié de sorte qu’on y entre où on veut, comme on veut. On peut se demander : laquelle je préfère? Laquelle m’attire le plus? Laquelle me demande le plus d’énergie? Laquelle demande le plus d’aide du Seigneur? Nous en parlerons donc comme d’un programme de vie pour aujourd’hui, une façon d’accéder à la liberté intérieure, notre façon de devenir des outres neuves.

Heureux les pauvres de cœur : Dépendre de Dieu seulement

Les pauvres de cœur se sont ceux qui n’ont que Dieu comme défenseur. Jésus nous rappelle qu’il est important de bien reconnaître notre fragilité et notre vulnérabilité, notre besoin fondamental de Dieu, en tout. Accepter, reconnaître, célébrer ce besoin radical de Dieu. N’y a-t-il pas toujours eu, en nous-mêmes, « un goût de Dieu »? Se reconnaître pauvre de cœur, c’est se centrer librement sur son besoin urgent de Dieu.

Heureux ceux qui pleurent : Être sensibles aux besoins du prochain

Ceux qui se laissent toucher par le malheur et la tristesse du monde, qui n’ont pas peur de subir l’épreuve que cela amène, qui ne laissent pas leur cœur se durcir devant la souffrance de l’autre (ex. : pas nécessairement donner de l’argent à un pauvre qui tend la main, mais parler à quelqu’un chaque jour, ex.. : à une personne sur le trottoir). Pleurer le sort du monde, c’est nécessaire, mais ça ne suffit pas. Rester sensible aux besoins du prochain, voilà le moyen de grandir dans la liberté intérieure.

Heureux les doux : De la douceur, pas de la passivité

La douceur est une manière d’être présent à l’autre, d’être patient dans toutes ses relations. Ne pas laisser l’autre, qui m’attaque, mettre ses griffes dans mon ego. Il est important de comprendre que la colère de l’autre n’a rien à voir avec moi (c’est la personne qui est frustrée). Ne pas laisser la colère de l’autre habiter en moi. Réagir avec douceur, aux attaques des autres, c’est, en face de la violence, aimer librement.

Heureux ceux qui ont faim et soif de justice : Zèle pour une relation juste avec Dieu, le prochain et la création

Arrive une mauvaise nouvelle, ma première réaction en est une de colère, de violence. La colère émerge, pour se défendre, dans une situation de danger. Ma colère me donne un signe de ma soif de justice. Jésus veut qu’on ait, non une colère, mais un zèle pour la justice. La colère me trompe, elle est trop près du « je veux ». Le zèle pour la justice est un projet, un désir profond pour une cause. C’est savoir s’oublier, s’abandonner à une tâche, au don de soi qui promeut notre liberté intérieure.

Heureux les miséricordieux : Porter dans ses entrailles la misère du monde

S’attendrir, porter dans son cœur la misère du monde, s’identifier à la souffrance de l’autre. Porter dans ses entrailles la misère de l’autre. Vouloir, avec une certaine tendresse, avec compassion, alléger, guérir la souffrance de l’autre. Chemin infaillible qui nous fait grandir dans notre liberté intérieure.

Heureux les cœurs purs : Pas une perfection morale

Est pur, celui qui est transparent devant Dieu, qui n’a pas peur d’être ouvert devant Dieu. Il est facile de se cacher derrière un masque (professionnel, personnel…). Arriver à être libre, à être soi-même devant Dieu et les autres.

Heureux les artisans de paix : Pas des gardiens de la paix

On vit dans un monde où on honore les gardiens de la paix (ce qui crée souvent des situations de violence : le plus fort l’emporte). Ne pas essayer de régler les conflits par les armes, par la violence. Employer, plus tôt, les armes de la paix : être miséricordieux, accueillant, authentique, vrai. Alors, les gens sont dérangés par ces attitudes et ils changent, sans qu’il soit besoin d’user de violence, de confrontation. Béatitude qui offre une occasion d’être fidèle à notre liberté intérieure.

Heureux les persécutés pour la justice : À cause de Jésus

Essayer de vivre les petites persécutions au jour le jour, prendre les attitudes de Jésus. Entrer en communion avec Lui, le plus souvent possible. Savoir découvrir, dans mes relations, dans les conflits, ce qui relève de moi (personnalité, entêtement, orgueil, etc.) et ce qui est vraiment le résultat de mon engagement à la suite de Jésus (abandon à sa volonté, don de soi, service de l’autre). Demeurer ancrés sur les valeurs de liberté de Dieu.

CONCLUSION

Notre fidélité à cultiver les valeurs, les attitudes qui font grandir en nous la liberté intérieure fera de nous des Bienheureuses selon la vision de Jésus.

Compte-rendu par Marthe Théroux, fcscj

Retour